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LES
STATUS
L’association
sans but lucratif (asbl)
La majorité
des structures d’économie sociale sont des associations sans but
lucratif. Comme son nom l'indique, l’asbl est une association qui se
crée pour poursuivre un objet social (ex : réinsérer les
jeunes) sans faire de profit. En réalité, l’asbl pourra faire autant de
profit qu’elle le souhaite mais les membres de celle-ci ne pourront en
faire aucun. Si l’asbl venait à être liquidée, ses biens seraient
transférés à une association qui poursuit un objet social proche. En
aucun cas, les membres ne pourraient se partager cette richesse.
Une des
grandes faiblesses de l’asbl est que ce statut n’est pas prévu pour
effectuer des actes de commerce. Ceux-ci ne pourront être effectués que
s’ils sont nécessaires à la rencontre de l’objet social et/ou s'ils
sont marginaux par rapport à celui-ci. Dans le cas contraire, la
structure d’économie sociale devra prendre des statuts de société
commerciale.
La
société commerciale
Contrairement
à l’asbl, la société commerciale est une association dont le but est de
procurer du profit à ses propriétaires et, comme son nom l’indique,
celle-ci est prévue pour effectuer des actes de commerce. Les associés
dans la société commerciale sont propriétaires de celle-ci, y compris
de la richesse qui y est créée.
La société
commerciale peut prendre différentes formes juridiques dont les plus
courantes sont : la société anonyme (SA), la société
coopérative (SC) et la société privée à responsabilité limitée (SPRL).
La
société à finalité sociale
En 1995,
une nouvelle forme de société commerciale a été créée : la
société à finalité sociale. Elle permet aux acteurs d’économie sociale
de faire du commerce comme activité première sans pour autant
poursuivre le but de lucre. Pour les associés à l’entreprise, les
possibilités de profit sont plafonnées et une partie de la richesse
créée au sein de l’entreprise échappe aux associés en cas de
liquidation, comme pour les asbl.
LES
AGRÉMENTS
Dans
certains cas, la poursuite de la finalité sociale de l’entreprise peut
faire l’objet d’un conventionnement avec les autorités publiques et
être financée par celle-ci. Nous parlons d’agréments.
Entreprise
de Travail Adapté (ETA)
C’est dans
le courant des années 60 que vont se créer les premiers
« ateliers protégés », appellation de l’époque pour
ce que nous nommons aujourd’hui « Entreprise de Travail
Adapté ». La finalité des ETA est la mise au travail de
personnes handicapées. Pour palier la faible productivité du public
cible (les personnes handicapées), les pouvoirs publics financent une
partie du fonctionnement et des investissements des ETA ainsi qu’une
partie des coûts salariaux du public cible. Les ETA sont constituées en
asbl.
Entreprise
(ou Atelier) de Formation par le Travail (EFT ou AFT) et Organisme
d’Insertion Socio-Professionnelle (OISP)
Au début
des années 80, la croissance du chômage et la montée de l’exclusion
sociale provoquent la naissance de multiples initiatives associatives
visant la formation et l’insertion de personnes précarisées sur le
marché de l’emploi.
Deux types
d’agrément vont naître de ce mouvement associatif :
● Les
Organismes d’Insertion Socioprofessionnelle qui vont recouvrir une
réalité très hétérogène autour de la formation et l’insertion de public
marginalisé (détenus, toxicomanes…) sans réalité commerciale ou
marchande.
● Et les
Entreprises (« Ateliers » à Bruxelles) de Formation
par le Travail qui vont entreprendre le travail d’insertion et de
formation au sein d’un projet économique commercial. Le postulat des
EFT/AFT étant que comme le public cible est en décrochage scolaire, il
est illusoire de penser une énième formation sans motiver le stagiaire
par un projet de production marchande.
Entreprise
d’Insertion (EI)
Alors que
les EFT/AFT forment une passerelle entre le monde précaire des
demandeurs d’emploi et l’emploi, l’EI est née de l’ambition de proposer
un emploi à durée indéterminé au public cible. L’EI est un projet
économique concurrentiel qui n’est presque plus financé par les
autorités publiques. Ce financement est dégressif dans le temps et est
directement proportionnel au nombre de « demandeurs d’emploi
particulièrement difficiles à placer sur le marché de
l’emploi » engagés. Sans nouveaux engagements, après 4 ans de
fonctionnement, l’EI ne perçoit plus aucun financement public
spécifique à son agrément. Les EI doivent être constituées en sociétés
à finalité sociale. C’est une condition d’agrément.
Conseil
National à la Coopération (CNC)
La plupart
des projets spécifiquement commerciaux de l’économie sociale ont pris
la forme de la société coopérative (une forme de société commerciale).
Ce type de statut permettant facilement un fonctionnement démocratique
entre associés. La forme juridique de société coopérative ne garantit
en rien l’adhésion de la société aux idéaux d’économie sociale. Par
contre, l’agrément du CNC garantit une certaine forme de démocratie au
sein de la société ainsi que la limitation des profits possibles pour
les associés (même limite que pour la SFS).
Cet
agrément permet une déduction fiscale des dividendes pour les associés
ainsi que l’accès à l’impôt des sociétés réduit pour la société.
Initiative
locales de développement de l’emploi
Les ILDE
ont été reconnues récemment à Bruxelles. Il s’agit d’asbl dont 60% du
personnel d’exécution est issu du public-cible (demandeurs d’emploi peu
qualifiés et de longue durée). Les personnes en insertion bénéficient
d’un contrat de travail. Seul l’encadrement (fonctionnement et
salaires) est subventionné au niveau régional, mais les travailleurs
issus du public-cible peuvent relever de programmes fédéraux
d’activation (PTP, Activa, SINE,…)
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