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Entreprendre autrement
Combiner un projet entrepreneurial et économique tout en se mettant au service de l’Homme, c’est possible. Les entrepreneurs sociaux le prouvent.
Qu’est-ce qu’une entreprise sociale ? Elle appartient au secteur dit de l’économie sociale. Ni secteur privé classique ni secteur public, l'économie sociale est généralement considérée comme un troisième secteur, un espace hors des étiquettes traditionnelles où économique rime avec éthique, solidarité et humanisme.
Aux Etats-Unis, on utilise les termes de non-profit organisations ; en Angleterre, de volontary sector ; dans les pays latins, on parle d'économie sociale ou encore d’économie solidaire. Mais si tous ces termes ne sont pas équivalents, ils désignent une même réalité : un troisième secteur.
Les formes juridiques des organismes d’économie sociale peuvent varier d’un Etat membre à l’autre.
Leur projet économique s’inscrit dans le marché. Comme l’entreprise classique, celle de l’économie sociale suppose une prise de risque, la production de biens et/ou de services, un modèle économique viable, la réponse à une demande, la création de richesses et d’emplois, etc. Mais l’entreprise sociale possède aussi des spécificités :

    ● La finalité de service aux membres ou à la collectivité plutôt que le profit: l'entreprise d'économie sociale est elle-même, par la nature de son activité, un service rendu à ses membres ou à d'autres personnes et non un outil de rapport financier. Le dégagement de bénéfice est souvent un moyen de réaliser ce service, mais non le mobile principal de l'activité.
    ● La défense et la mise en œuvre des principes de solidarité et de responsabilité.
    ● L'autonomie de gestion : cette autonomie vise principalement à
distinguer l'économie sociale de la production de biens et de services par les pouvoirs publics. Les activités économiques menées par ces derniers ne disposent pas, en général, de la large autonomie qui constitue un ressort essentiel de toute dynamique associative.
    ● Le processus de décision démocratique : la démocratie, dans le processus de décision, renvoie au principe central de la coopération "un homme/une voix". Difficile à mettre en œuvre dans les entités de grande taille, la participation du plus grand nombre à la décision est pourtant une exigence essentielle.
    ● La primauté des personnes et du travail, ainsi que de l’objet social sur
le capital dans la répartition des revenus : ce principe traduit des pratiques variées au sein des entreprises d'économie sociale (rémunération limitée du capital, répartition des excédents entre les travailleurs ou entre les membres usagers sous forme de ristourne...). Il n'empêche cependant pas de reconnaître la nécessité d'offrir au capital une rémunération suffisamment attractive pour permettre, en particulier aux coopératives ou aux sociétés à finalité sociale, de développer leurs fonds propres.

Ces principes ne constituent qu’une base pour beaucoup d’entreprises d’économie sociale, qui y ajoutent d’autres critères tels que l’importance de la formation et de la création d’emploi pour personnes peu qualifiées, le respect de faibles écarts entre les salaires les plus bas et les salaires les plus élevés au sein d’une même entreprise, l’inscription dans une démarche de respect de l’environnement, le pluralisme des opinions politiques, philosophiques et religieuses, la coopération avec d’autres partenaires...

L'économie sociale est avant tout l'histoire d'hommes et de femmes qui prennent collectivement des initiatives, qui lancent des activités pour répondre aux défis d'une époque, qui se mettent au service de l'homme et non de la rémunération de capitaux. En ce sens, l'économie sociale est plus une dynamique qu'une réalité figée.

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